Lavable ou jetable?

Lorsque l’on commence à s’intéresser au #ZéroDéchet, on a tendance à remplacer tout ce qui est « jetable » par du « lavable ». A priori, c’est un réflexe cohérent: la poubelle diminue… Mais quels effets peuvent avoir nos choix sur les ressources naturelles, notamment les ressources en eau? Comment choisir en toute conscience sans l’avoir mauvaise (conscience)? Je vous propose quelques clefs pour vous aider à faire vos propres choix sur la voie de la consommation responsable…

Plutôt que de faire un choix entre « Lavable » et « Jetable », il est peut-être plus judicieux de se poser la question de la durabilité et du cycle de vie en fonction des produits et de notre propre contexte.

Par exemple….

  • lorsque l’on vit à la campagne, le « jetable » peut se transformer en « compostable » et permettre d’enrichir la terre du jardin tout en économisant la consommation locale en eau.
  • lorsque l’on vit en ville, limiter la poubelle pour des questions de place et de logistique peut être une véritable bénédiction et la chasse au jetable peut se transformer en jeu. Encore faut-il choisir du « lavable » durable…

Voici donc quelques pistes de réflexion…

En cuisine et à table

Les lingettes nettoyantes, c’est non sans concession. Le pire du pire… matières mixtes, bourrées de produits chimiques, non recyclables et horriblement chères (faites le calcul!)… Pour les remplacer, on peut utiliser les chiffons en micro-fibre, qui sont encore plus efficaces pour nettoyer, même à sec, et permettent de réduire les quantités de détergeant. Ainsi, pour nettoyer la cuisine, le duo « micro-fibre » – vinaigre blanc est irremplaçable !

L’essuie-tout est déjà mieux car généralement fabriqué à partir de papiers recyclés; le choisir non blanchi si possible (traitements chimiques). Cela reste pratique pour tout ce qui est organique et gras et qui salirait trop vite les torchons. Dans ce cas ils peuvent partir au compost sans état d’âme.

L’essuie-tout est utile aussi pour la peinture, la graisse minérale (vélos) ou tout autre produit chimique, car cela ne fait pas bon ménage avec l’épuration des eaux (lavage) ni avec le compostage. Et dans ce cas, c’est la poubelle qui prend…

Mais pour les salissures légères et organiques en tous genres, les torchons c’est la solution!!! Évidemment c’est un investissement si on les achète neufs, mais on peut aussi recycler des vieux draps pour se créer son trousseau. Certaines couturières du Zéro Déchet proposent même des « rouleaux d’essuie-tout » en tissu, avec des pressions… Mais là aussi, on choisi le tissu si possible (voir fin d’article).

Les serviettes de table: en tissus pour le quotidien, sans hésitation, même en pique-nique. On peut facilement en trouver de toutes tailles (pour choisir un tissu durable, voir en fin d’article), des plus grandes aux plus petites pour les apéros par exemple. On peut même les coudre soi-même pour plus d’économies. En dépannage, on préférera l’essuie-tout (voir précédemment). Mais parfois, pour faire joli (table de fête) ou si l’on craint des taches indélébiles (gras, épices), on peut craquer sur de jolies serviettes jetables. Que l’on met au compost si possible…

Et la vaisselle… bien réfléchir avant d’acheter du jetable! Si on prévoit plus de monde que de vaisselle, on peut demander aux convives d’apporter la leur quand ils demandent « je peux amener quelque chose ? » Si c’est par flemme pour la vaisselle, on demande de l’aide ou on opte pour tout ce qui se mange avec les doigts: tartinades, bouchées, cakes… 😉 Et si on ne peut s’en passer, on évite à tout prix le plastique, aussi peu écologique à produire qu’à éliminer, et on mise sur le carton, le bambou, le bois (assiettes, bols, verres, cuillères, baguettes). De toutes façons, couteaux et fourchettes en plastique sont le plus souvent inutiles pour quoi que ce soit de plus solide que de la purée!

Bouteilles, gobelets… pour boire toute la journée sans s’intoxiquer à la maison comme au bureau, rien de mieux que les gourdes (inox ou verre), les verres en verre, tasses en céramique ou mugs en inox, pour joindre l’utile au beau, le sain à l’agréable, l’écologique à l’économique…

Emballages alimentaires: films étirables et papier alu sont éminemment non recyclables, pas écolo du tout à la production comme à l’élimination, l’alu est très controversé pour la santé, et pourtant on y est accro! Donc on évite si possible et on étudie les solutions « lavables »: bocaux et boites en verre sont aussi connus qu’utiles. Mais connaissez-vous les tissus cirés (« Bee’s wrap »)? Ils s’utilisent exactement comme les films étirables et le papier alu, pour emballer les sandwichs, le pain, le fromage, la charcuterie, couvrir un saladier, couvrir une courge ou une pastèque coupée… On peut les acheter ou les fabriquer soi-même, aux dimensions voulues: finis les films étirables trop petits!

Dans la salle de bains

Décriés pour les irritations et allergies qu’ils peuvent provoquer, les mouchoirs jetables ne sont pas de très bon élèves en terme de « cycle de vie ». Encore moins pour les « paquets », en plastique et dont le nombre par paquet diminue d’année en année – il y en avait 10/paquet il y a quelques années encore… Donc le choix le plus écolo-économique serait le mouchoir en tissuen choisissant bien le tissu, voir en fin d’article – mais si on ne peut s’en passer, on composte ses mouchoirs en papier!

Cotons démaquillants et autres lingettes nettoyantes… pas d’hésitation, on bannit! Considérant le cycle de vie très court et les conditions de production du coton (voir fin d’article), mais aussi le fait que les fibres de ces contons sont agressives – surtout pour les peaux fragiles (yeux, peaux sensibles, fesses de bébé…) on oublie les carrés de coton et les lingettes bourrées de produits chimiques et on passe aux carrés lavable sans état d’âme! On les met à la machine avec les draps, si nécessaire dans un filet pour ne pas les perdre (filet à linge ou filet fourni avec certains packs), ça ne dépense pas plus d’eau… Ils durent très longtemps – donc sont très économiques – et sont très pratiques en voyage: on n’est jamais à court! Reste à choisir le bon tissu (voir en fin d’article). Et quand on retire du vernis à ongles, on passe à l’essuie-tout – c’est du jetable mais moins pire (papiers recyclés)…

Lingettes et carrés démaquillants lavables: le meilleur choix pour la nature et pour notre peau

Pour remplacer les lingettes nettoyantes (mains, visage) les carrés nettoyants en tissu, variante plus grande des carrés démaquillants, ou les tissus micro-fibre doux sont largement plus agréables, utiles et économiques. Complétez avec un petit spray d’eau minérale ou d’eau florale et vous aurez une solution idéale pour la santé 🙂

Pour les adeptes des cotons-tige, choisissez-les avec la tige en bois ou en carton, biodégradable. Sinon, tentez l’oriculi en bambou!

Quand au PQ… tous les pays n’en utilisent pas mais en France c’est la norme. Cela peut paraître étrange, mais ce type de produit fait partie de la panoplie « Zéro Déchet ». Bon, personnellement, si c’est pour en faire le même usage que le PQ « classique », je trouve ça rebutant, peu hygiénique et pas franchement pratique. Je demande également à voir le bilan écologique… Par contre, si comme dans certains pays on se lave au lieu de s’essuyer, alors l’usage de petites serviettes « de courtoisie » peut être une bonne alternative. Si on reste sur la version « classique », comme pour l’essuie-tout, pas besoin de le choisir blanc et encore moins « parfumé »!? Je ne vous fais pas de dessin mais ces traitements sont tout aussi inutiles que polluantes et coûteux. On choisit donc de préférence un PQ écolo, fabriqué à partir de papiers recyclés et non blanchi; il est très bien « digéré » dans les installations de traitement biologique des eaux.

Hygiène féminine

Nous connaissons toutes les serviettes hygiéniques et les tampons, et vous avez surement lu ou entendu des reportages sur la composition de ces produis qui nous accompagnent dans notre vie de femme et nous coûtent très cher chaque mois. Laquelle d’entre vous n’a jamais craint d’être à court, d’avoir des débordements, de mauvaises odeurs, ou ne s’est jamais sentie mal à l’aise à la vue des poubelles qui recueillent les produits usagés? Sans compter le bilan écologique du coton.

Il y a plus de 2 ans, en prenant conscience de tous les soucis sanitaires et du coût de ces produits qui nous sont si indispensables, j’ai sauté le pas et investi dans une « cup » et des serviettes lavables.

Et ce fut vraiment libérateur! Plus aucune inquiétude, une disponibilité permanente (jamais à court) et des économies incroyables!!! Évidemment, l’usage de la cup peut en rebuter certaines – aucun jugement – et cela demande de la pratique. Mais personnellement, je ne reviendrai jamais en arrière. Et vous?

Autour de bébé

Les débarbouillettes… même pas en cauchemar! Pauvre petit bout de chou, sa peau si fragile, son organisme si sensible aux produits chimiques qui nous entourent déjà… doit-on en rajouter? Sans hésiter, on investit dans les carrés nettoyants et un petit spray d’eau minérale, d’eau florale ou une petite bouteille d’huile d’amande douce 😍

Les couches lavables quand à elles nous renvoient rapidement au siècle dernier… Et il faut admettre qu’elles prennent plus de place que les couches jetables et que l’on peut hésiter à les laver avec le reste de son linge. Même si la solution est meilleure pour l’environnement et pour l’enfant, les impératifs de la vie moderne peuvent être un frein à l’utilisation des couches lavables et c’est compréhensible. Pourtant, on peut facilement se trouver à court de couches jetables et c’est aussi l’un des déchets les plus compliqué à traiter… à méditer!

Coussinets d’allaitement… quel intérêt de les choisir jetables ? Les fuites de lait ne sont pas si salissantes que l’on ne puisse pas choisir une solution lavable aussi jolie que confortable, très écolo-économique!

Bilan

Vous l’aurez compris, tout est une question de choix, d’équilibre entre le côté (parfois faussement) pratique et le moindre impact environnemental en fonction de sa propre situation.

Choisir des objets lavables est souvent plus durable, à condition de choisir aussi des matières durables. Et c’est encore plus vrai en voyage: miser sur le lavable est une assurance de ne jamais être à court et d’avoir exactement ce dont on a besoin sous la main. Pour les cosmétiques par exemple, laissez tomber les échantillons, lingettes ou encore « dosettes » jetables et choisissez des contenants rechargeables, des « carrés nettoyants » lavables et des produits solides (savon, shampooing).

Côté finances, le jetable revient souvent beaucoup plus cher à la longue.

En revanche, laver nécessite de l’eau – qui peut devenir problématique, qui devra ensuite être épurée: si l’usage génère des salissures importantes ou polluantes, on pourra préférer une solution jetable pour protéger les systèmes biologiques de traitements d’eau par exemple.

Mais on peut aller plus loin dans la réflexion et envisager l’ensemble du cycle de vie de nos objets…

Ainsi, le coton est l’une des cultures les plus catastrophiques pour notre planète, que ce soit pour la production ou pour le traitement. Un très mauvais bilan en termes de consommation en eau et en produits toxiques, surtout pour la transformation et pour les modes de production intensifs (non bio)! Pour faire votre choix, je vous conseille cet article très clair sur le bilan écologique des différents tissus.

D’un autre côté, un objet qui aura nécessité des ressources plus ou moins importantes à la production mais qui s’avère quasiment inusable peut être un excellent choix – comme un mug en inox par exemple.

Alors, faite VOS choix, en pleine conscience, sans remords et sans juger ceux des autres…

Si vous avez d’autres solutions ou d’autres avis, n’hésitez pas!

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3 commentaires

  1. On a vraiment encore beaucoup d’efforts à faire quand je lis tout ça. Perso je n’utilise pu de cotons à démaquiller mais des lingettes microfibres, c’est déjà ça 😉

    1. Petit à petit, sans se presser ni surtout se forcer pour que cela devienne évident et que l’on n’y pense plus ! Et de ce point de vue, les carrés démaquillants en tissu doux sont si agréables, si pratiques et économiques qu’il est difficile de revenir en arrière après les avoir essayés n’est-ce pas !?

      1. Voilà, les choses se feront petit à petit. On ne peut pas tout changer d’un coup de toute façon. Et oui, je ne retournerai pas aux cotons classiques 😉

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