Mon compost facile

Du 25 mars au 9 avril 2017, c’est la Semaine nationale du compostage de proximité ! Dans le jardin, sur le balcon, seul ou à plusieurs, fabriquer son compost c’est à la fois participer aux cycles naturels de la vie, réduire ses déchets (une poubelle peut être composée de 50% de déchets compostables) et disposer d’un engrais naturel et gratuit… C’est l’une de mes passions et expertises que je suis ravie de partager avec vous !

Qu’est-ce que le compostage ?

Le compostage est la dégradation biologique naturelle, par des champignons, bactéries, insectes, vers de terre, de la matière organique en présence d’oxygène.

S’il n’y a pas d’oxygène, on favorise la fermentation – phénomène tout aussi naturel qui survient par exemple lorsque l’on ferme bien hermétiquement sa poubelle contenant les restes de repas : la fermentation produit des « jus » et des mauvaises odeurs  🤢

Outre la réduction des déchets éliminés, on obtient en compostant un « effet secondaire » particulièrement appréciable : les poubelles ne puent plus et ne gouttent plus puisqu’il n’y a plus de déchets organiques dedans. Les seuls déchets organiques que vous continuerez à jeter sont les déchets de viande, de poisson, voire de fromage : dans un tout petit sac et hop, au point de collecte en partant le matin…

Où composter ?

Choisir un emplacement pas trop loin de la cuisine pour prendre facilement l’habitude, mais pas trop près non plus si l’on veut éviter les insectes parfois envahissants et les odeurs si le processus ne se passe pas comme prévu – ça arrive.

L’idéal, c’est donc de disposer d’un petit coin de jardin ou d’un recoin de balcon. Mais le compostage en pied d’immeuble se développe et est encouragé dans certaines villes : embarquez vos voisins ou vos collègues dans l’aventure !

Quelle technique choisir ?

Vous avez trouvé l’emplacement ? Voici plusieurs techniques, de la plus encombrante à la plus compacte :

  • en tas : tout simplement déposer les déchets à même le sol. On peut ou non remuer le compost de temps en temps, la partie utilisable se trouvant en-dessous. À réserver aux grands jardins, avec beaucoup de tontes et de branches broyées, et à clôturer pour éviter que des animaux viennent l’éparpiller.
  • en « lasagne » : pour les grands jardins potagers, la technique de la lasagne nécessite toutes sortes de produits organiques, des cartons au compost en passant par des déchets compostables frais. C’est une technique très efficace utilisée pour produire sur des sols difficiles ; elle est très développé en permaculture pour la confection et l’entretien des « buttes permanentes« .
  • en composteur : acheté ou fait maison (en palettes, en grillage ou autre), la taille sera adaptée à la production de déchets. Idéal lorsque l’on a accès à un jardin perso ou partagé car on peut y recycler aussi les déchets de jardin – au lieu de les brûler, ce qui est interdit – et réutiliser le compost sur place. Il existe également des composteurs rotatifs, à faire soi-même ou vendus très chers et pas forcément utiles.
  • en surface : simplement déposer épluchures, tontes, fleurs fanées et autres déchets verts broyés (ou coupés) en couches successives directement autour des plantations. Cette technique ne nécessite pas d’espace dédié au compostage, mais un stockage de matières sèches (feuilles mortes, BRF*, paille…). On la réserve généralement au jardin potager, pour des questions pratiques et esthétiques. Ce système très simple sert de paillage en protègeant le sol de la pluie et de l’évaporation, et la nourrit en se décomposant. Pour que ce soit joli autant qu’efficace, on saupoudre chaque apport d’une une couche fine de tontes (qui sèchent sur place) ou de matières sèches stockées 😉
  • en lombricompostage : adapté aux déchets très humides et aux tout petits espaces, il est tout indiqué pour un balcon ou un tout petit jardin. Par contre, il faut s’en occuper régulièrement et il nécessite… des lombrics adaptés ! Quelques exemples et liens utiles ici.
  • en Bokashi : au sens biologique, ce procédé n’est pas du compostage mais une fermentation lactique. D’origine japonaise, il nécessite très peu de place mais beaucoup d’intrants (matériel spécifique, son ensemencé en bactéries). On y recycle les déchets de cuisine seulement et on récupère un « jus » équivalent à un engrais liquide et un engrais solide, acide, qu’il faut faire maturer avant de l’utiliser. À mon avis, intéressant en appartement mais à réserver aux geeks à la main verte 😉

*BRF = bois raméaux fragmentés = jeunes rameaux broyés

En pratique :

  • toujours avoir sous la main, dans la cuisine, un récipient ouvert (saladier, petit seau ou petite bassine), pour regrouper les déchets compostables de la journée
  • le soir, vider le récipient dans le composteur ou autre selon la technique choisie.
  • si le composteur est un peu loin, utiliser un stockage intermédiaire : un simple seau de 10 litres, ouvert mais protégé de la pluie, placé juste à la sortie de la cuisine pour ne pas avoir d’excuses 😋 Et on le vide 1 à 2 fois par semaine…

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La recette du compost

Il y a en réalité DES recettes, qui dépendent de la technique que vous choisissez et de ce que vous avez sous la main. Les principes du compostage (hormis lombricompostage et Bokashi) restent cependant les mêmes :

  • un mélange de déchets secs et humides, équilibré en azote et carbone
  • de l’air
  • de l’eau si le mélange sèche trop vite
  • du temps

Évidemment, on utilise des déchets (donc des produits) le plus possible issus de l’agriculture biologique pour ne pas perturber les organismes du compostage et ne pas contaminer ses plantations !

Ingrédients

Cette recette est idéale pour un compostage en tas et en composteur, pour limiter les odeurs et obtenir un compost équilibré :

  • 1/4 à 1/3 de sec (souvent riche en carbone) : marc de café, pain moisi, aliments secs périmés ou infestés de mites, broyat de branches, feuilles mortes, essuie-tout (sans produits chimiques), carton brut (la plupart sont de « qualité alimentaire), litières végétales d’animaux herbivores (lapins, cochons d’Inde) ou de poules, tontes de gazon sèches, fleurs fanées coupées en tronçons de quelques cm…
  • 2/3 à 3/4 d’humide (souvent riche en azote) : épluchures de fruits et légumes, restes de repas, yaourts et autres aliments périmés, tontes de gazon fraîches (en fines couches), résidus de thé et tisanes,
  • Facultatif, en petites quantités : cendres de feu de cheminée, coquilles d’œufs broyées si votre terre est acide (sinon, aucun intérêt), noyaux et coques de fruits secs – ne se dégradent pas bien mais structurent le compost.

Pas de stress pour les mesures : c’est une simple indication pour vous permettre d’ajuster vos proportions en cas de problème (voir fin d’article).

Déconseillé

  • Les déchets animaux : ils ne sont pas interdits mais généralement évités car ils dégagent de mauvaises odeurs et attirent les rongeurs. De plus, les os et les arrêtes ne se dégradent pas dans le composteur.
  • Le chiendent, les ronces, les plantes malades, le bois traité, vernis ou peint, la litière de chat
  • Tout ce qui n’est pas biodégradable : sachets de thé en plastique, dosettes de café en aluminium…
  • Les « activateurs de compost » : qu’il s’agisse simplement d’azote minéral 😒 ou même de bactéries, ils sont totalement inutiles ! Il y a déjà tout ce qu’il faut dans vos déchets de cuisine !

Et les pelures d’agrumes ? J’ai souvent entendu ou lu qu’il ne fallait pas les mettre au compost… Pourquoi ? 1) les agrumes non bio concentrent dans leur peau les produits chimiques – oui : mangez bio et mettez vos pelures au compost ! 2) elles perturbent les processus biologiques en raison des huiles essentielles qu’elles contiennent : oui en lombricompostage mais je ne l’ai jamais observé en compostage classique 3) elles attirent les « mouches du fruit » : ce n’est pas agréable mais il suffit de les enfouir dans le compost, de laisser le couvercle du composteur ouvert (si vous en avez un) et d’ajouter une couche de matières sèches…

Et la terre ? Pour fabriquer votre terreau, à la fin…

Instructions

Pour que votre compost soit réussi avec le moindre effort :

  •  disposer les matières sèches et humides en couches successives de quelques centimètres, comme un mille-feuille ; par exemple, 10-12 cm de déchets de cuisine, recouverts de 3-5 cm de matières sèches et si possible grossières.
  • Pour les trognons de brocolis, branches et fleurs coupées, découper en tronçons de quelques centimètres ou broyer grossièrement : on favorise ainsi le contact avec les bactéries et champignons et donc la dégradation. Cette pratique permet de « structurer » le compost et donc de faciliter la circulation d’air et d’eau.
  • Arroser lorsque le compost est sec – avec de l’eau de lavage des légumes ou de l’eau de pluie par exemple

Il n’est pas obligatoire de retourner le compost, mais cette pratique permet de vérifier l’état de la matière et peut être nécessaire si le compostage se passe mal (voir chapitre suivant).

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Si votre compost chauffe, vous avez atteint un parfait équilibre des matières et de l’humidité : en plus de se dégrader plus vite, il s’hygiénise. Mais s’il ne chauffe pas, ce n’est pas grave. Il finira quand même, au bout de plusieurs mois, en un compost à l’odeur et l’aspect de la litière des sous-bois  😉

Et là, vous avez un engrais gratuit, de très bonne qualité, pour vos plantations potagères et décoratives. À utiliser après tamisage en mélange avec de la terre pour faire votre terreau (tamis à bricoler avec du grillage). Je l’utilise également tel quel sans tamisage, même s’il n’est pas totalement dégradé, comme paillage de mes cultures et potées plutôt que d’acheter du paillage en jardinerie.

Mais, si ça ne marche pas…

SOS compostage raté

  • Pas de décomposition 1 : en tas ou en composteur, il faut atteindre une masse critique pour que le processus s’active – au moins 50cm d’épaisseur. Donc, patience et constituez vos couches 😎
  • Pas de décomposition 2 : peut-être votre mélange est-il trop sec ? Touillez un peu et arrosez si nécessaire.
  • Pas de décomposition 3 : peut-être votre mélange est-il déséquilibré ? S’il n’est constitué que de tontes de gazon, effectivement il ne démarrera jamais ! De la variété que diable : du sec, de l’humide, de l’azote, du carbone, du fin, du grossier 😈
  • Mauvaises odeurs : votre mélange est probablement trop humide et/ou trop compact. Dans les 2 cas, ajouter si possible de la matière sèche et grossière (broyat de branches, paillage sec) et mélanger. Sinon, ouvrir le tas/le composteur par une belle journée ensoleillée et le faire sécher. Couvrir en cas de pluie.

Des questions ? Des suggestions ? Laissez un commentaire et bon compost !

Et pourquoi ne pas participer à un évènement organisé dans le cadre
de la Semaine nationale du compostage de proximité ?

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